Témoignage d’Etienne, 1er prix du Concours 2014

« Notre cœur n’était-il pas tout brûlant ?! » s’exclament les pèlerins d’Emmaüs, en dévalant de nuit les collines vers Jérusalem et le Cénacle ; une petite phrase si simple résume à merveille, je trouve, l’aventure qui a commencée pour moi il y a 2 ans et demi (je vise large), lorsqu’il m’a été proposé de participer au Concours Général de Théologie des Bernardins. Comment refuser une épreuve au contenu si rare, au jury si prestigieux, à l’acronyme si paradoxale, et à l’issue si alléchante ?

Après une première année sur le thème de la Foi, où j’ai eu la joie de voir gagner une de mes aînées de la khâgne de Sainte Marie de Neuilly, le jury du concours, judicieusement inspiré par les discours et les publications du Pape François, nous a proposé de réfléchir au thème fort riche de la Pauvreté, cette Dame si chère au Saint d’Assise. Chacun donc s’est attelé à sa tâche, dans les différents lycées (trop peu nombreux encore) où le Concours est préparé, et, si je n’ai pas vu les copies écrites, je peux du moins témoigner que les oraux naviguèrent parfois de manière virtuose entre les références bibliques, la littérature française ou étrangère, la doctrine de l’Eglise, la tradition hagiographique et les écrits philosophiques. Un peu de stress, le plaisir de l’exposé, le suspense, la joie de la victoire puis un sympathique temps d’échange entre candidats, jury et audience autour d’un apéritif concluent plusieurs mois d’un travail un peu inhabituel, qui n’a cependant jamais su empêcher aucun lauréat de réussir les écrits des « vrais » concours qui arrivent dans les semaines suivantes.

Aucun inconvénient scolaire donc, mais une incroyable récompense à la clé ; en plus des livres pour les premiers prix, le lauréat principal se voit offrir par l’agence BIPEL, que je remercie pour ce généreux service, un pèlerinage pour deux en Terre Sainte. Habituellement offert l’été qui suit, le voyage a été annulé en 2014, lorsque Gaza était bombardée par Israël, et BIPEL me l’a aimablement proposé une nouvelle fois cet été ; après la Bible, l’histoire et la doctrine de l’Eglise, j’ai donc pu parcourir, émerveillé, les pages colorées du Cinquième Evangile, la Terre Sainte elle-même, de Dan à Beer-Shev’a (et même plus au Sud encore dans le Néguev), en passant par les lieux saints de la mer de Galilée, de Nazareth, de Sichem, de Bethlehem, de Jérusalem, du Jourdain, et bien d’autres encore. Accompagnés par la fine équipe du Père Guillou, qui connaît les lieux comme sa poche tout en n’oubliant pas ses origines bretonnes et la nécessité, au milieu des falafels et des pains pitas, de manger quelques crêpes maisons de temps à autre, nous sommes partis à la découverte de cette terre où l’on entre plus que partout ailleurs dans le mystère de l’Incarnation, dans sa douceur, dans sa joie mais aussi, et surtout aujourd’hui, dans sa souffrance ; s’y mêlent d’une manière unique les traces de l’Histoire biblique, de la Bonne Nouvelle et de son annonce, des conquêtes incessantes et des guerres actuelles, tout un monde qui nous est totalement étranger au cœur d’une Europe si paisible en comparaison.

Les explorations intellectuelles et spirituelles du concours forment avec ces chemins de la Terre Sainte la face et l’envers d’une même pièce, les deux aspects d’un même Dieu qui se dit dans la Parole et les événements. Ne ratez pas cette aventure, car vous en reviendrez changés !

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